vendredi 25 avril 2014

Le compte-gouttes.

Il a le goût d'un fou rire, ce souvenir.
Assis dans l'auditoire, on triche, on copie nos réponses.
On bavarde plus que l'on écoute.
On ne se prend pas au sérieux.

Puis, la gravité nous rattrape.
Vient le temps de se poser.
Prendre un café à deux et se dire que finalement, ce serait mieux d'en rester là.
Chacun doit continuer de son côté.

Mais ce serait une bonne idée de se voir ou de s'appeler de temps à autre.
Trois bises plus tard, chacun reprend sa route.
Des rendez-vous entre deux portes, des coups de téléphone pour "voir ce que tu deviens et puis c'est trop sympa de prendre des nouvelles des potes communs et d'un peu "puter" sur eux."

On se suit de loin, on a toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un pour savoir que l'un et l'autre, on ne vit pas si mal.
On s'inquiète de savoir si la vie nous fait de jolis cadeaux ou si au contraire, elle est chienne avec nous.
Mais tous les soirs, on se couche serein.

Je sais qu'il va bien.

Je sais qu'il avance, qu'il tombe parfois, je ne crains rien car il est fort.
La chance ne cesse de lui sourire, le talent est sa seconde nature.
C'est le genre de gars pour qui il n'y a pas de raison de se faire de bile.

Mais le destin peut être si sournois.
T'attendre là où il ne devrait pas.

Je me couche depuis quelques jours en me demandant : pourquoi.
Est-ce qu'il y a une bonne raison à tout cela?
Je refais le film.
A quel moment, le projet prend forme?

Ton dernier cocktail, tu l'as pris seul et mal accompagné.
Tu as tout mis dedans, de quoi dormir, de quoi te paralyser, de quoi suspendre ton souffle.
J'imagine les gestes, ceux que tu as fait 100 fois, 1000 fois.

Est-qu'on libère le compte-gouttes doucement ou à fond pour ne plus rien sentir, très vite.
Est-ce que tu as eu un sursaut de regret au dernier moment?
Je prie pour que ce soit non.
D'ailleurs, je considère ton silence comme un non.

Je t'imagine serein et soulagé, sinon j'ai trop mal.
Je suffoque à ta place et mon coeur s'emballe.

J'essaie d'oublier le compte-gouttes et de ne penser qu'à l'auditoire, les fous rires et le mauvais goût du café froid l'hôpital.







3 commentaires:

aggie a dit…

Que c'est triste...

mamande4 a dit…

oui, je sais. J'ai hésité longtemps avant de cliquer sur "publier" et le billet est écrit depuis un moment...

audrey duplouy a dit…

Dur <3